Pourquoi surf et méditation sont deux pratiques qui se complètent

SURF – Méditation et surf, deux pratiques qui ont de plus en plus la cote. Mais qu’ont-elles d’autre en commun? À première vue, pas grand-chose. Et pourtant les deux pratiques bénéficient beaucoup l’une de l’autre et se complètent à merveille.

Pauline Ado, championne du monde de surf en 2017, parle d’expérience puisqu’elle médite afin de se préparer mentalement. Et Petit BamBou surfe occasionnellement entre deux méditations.

Surf et méditation, un même état d’esprit

  • Ramer: un moment pour se ressourcer

Avant la phase d’adrénaline sur la vague, le surfeur doit pagayer sur l’eau, loin de l’emprise du monde matériel, du bruit constant, de la technologie et des autres distractions. L’acte est assez simple: un bras plonge dans l’océan, et quand il fait surface, le bras suivant imite l’action et ce mouvement est répété jusqu’à ce que le surfeur se trouve où il veut être. Tout comme la méditation, le surfeur se retrouve face à lui-même (et à l’océan).

  • Attendre la vague: l’art de la patience

Surfer est un véritable exercice de pleine conscience où la patience et l’écoute bienveillante sont de mise. Il faut en effet, parfois de longues minutes, savoir attendre la vague parfaite sans être trop impatient… En compétition, sur une période de trente minutes, le surfeur va peut-être prendre une dizaine de vagues, ce qui équivaut au final à seulement trente secondes de surf. Pendant tout le temps mort, le mental doit être fort.

  • Prendre la vague: trouver le mouvement juste

Le moment du take off requiert toute l’attention au moment présent de celui qui est sur la vague: ne se relever ni trop vite, ni pas assez, ni trop tôt, ni trop tard. Il faut trouver la juste vitesse, faire le juste effort pour prendre la vague au bon endroit, au bon moment afin d’être en totale harmonie avec la mer.

  • Glisser: s’adapter à chaque micro-changement

Chaque vague est unique et il faut s’adapter à elles milliseconde après milliseconde. La capacité d’adaptation est primordiale: il ne faut sans pas avoir d’idée ferme et définitive des figures qu’on souhaite faire sur celle-ci. Il faut également lâcher prise sur la précédente et ne pas ruminer incessamment…

En compétition il arrive que deux surfeurs prennent la même vague: chercher à voir ce que fait l’autre ou se comparer empêchent d’être pleinement dans l’instant et de prendre du plaisir.

Comment la méditation de pleine conscience peut-elle aider les sportifs de haut niveau?

Pour de nombreux surfeurs de haut niveau, la méditation est une partie essentielle de la préparation mentale. Le mental, comme toute capacité, demande de l’entrainement.

Pauline Ado témoigne: “Vivre de sa passion, c’est génial mais c’est aussi beaucoup d’exigences. J’éprouve régulièrement le besoin de me recentrer sur les choses qui comptent. Dès que j’ai un peu de temps devant moi (dans les avions par exemple) ou que j’en ressens le besoin, je médite. Plus je pratique, plus je me connais et sais dire lorsqu’une pause méditation s’impose. Le programme Sport et Mental de l’application Petit BamBou traite vraiment tous les aspects de la vie d’un sportif qui ne se résume pas au stress en compétition”.

  • Méditer pour laisser toute sa place aux émotions 

Savoir reconnaître ses émotions lors de la glisse est essentiel: la peur face à une force de la nature qui peut changer à tout moment ou l’excitation de relever un nouveau défi peut changer les sensations en mer.

L’un des pères de la méditation de pleine conscience Jon Kabat-Zinn remarquait “vous ne pouvez pas arrêter les vagues mais vous pouvez apprendre à surfer”.

Tout comme les vagues, les émotions surgissent parfois très brutalement, mais elles ne durent jamais. Quand nous nous faisons envahir, il suffit de laisser passer la vague. La refuser ou essayer de la stopper n’y changera rien… les surfeurs expérimentés le savent bien. La méditation peut alors donner les outils pour apprendre à accueillir ses émotions afin qu’elles glissent sur nous comme l’eau sur notre combinaison de surf.

  • Méditer pour mieux trouver son focus

Être sur la planche en train de glisser nécessite une concentration extrême. En cultivant son propre équilibre, autant physique que mental, on apprend à trouver le calme en soi et à entraîner son attention. Le focus correspond à cet état où le surfeur est dans sa bulle, où rien ne peut le déconcentrer, où tout lui réussit. C’est l’état mental optimal, celui qui lui permet d’exploiter le meilleur de lui-même.

  • Méditer pour mieux canaliser ses émotions dans les moments de stress

Surfer des grosses vagues, c’est un état d’esprit, et cela s’apprend. Le moment de la compétition amène une grosse montée d’adrénaline: les juges vont donner une note, on ne maîtrise pas le comportement de la mer, on s’est entraîné des mois voire des années et tout cela se joue dans une poignée de seconde.

Savoir gérer ses émotions, et même dans les moments de stress afin arriver à garder lucidité et sang-froid est souvent ce qui fait la différence entre un bon surfeur et un véritable champion.

  • Méditer pour développer sa confiance en soi malgré les échecs

Se relever après une défaite, une erreur ou tout simplement un manque de progression, fait partie de la vie de tous sportif. Comment rebondir après l’échec? Il existe un processus qui permet de repartir plus facilement: être lucide, accepter et se re-concentrer.

Le plaisir doit également rester au cœur de la pratique, et blâmer la mer, son adversaire, ou même sa planche, nuit à la concentration et à la pleine expression de son potentiel. La méditation développe les trois phases de ce processus. On apprend souvent plus de ses défaites que de ses victoires.

  • Méditer pour apprendre à écouter son corps

Le corps est l’outil de travail principal du sportif. Ainsi, mieux le connaître pour savoir gérer la douleur et éviter les blessures est un acte primordial. Lorsque nous souffrons, nous avons tendance, automatiquement, à tout faire pour oublier la douleur et pour la combattre en même temps. Nous pensons que l’évitement et l’affrontement nous permettront de la faire disparaître.

Or, à long terme, c’est tout l’inverse qui se produit… Savoir quand s’arrêter et quand on a atteint ses limites est donc une qualité importante à tout bon surfeur qui souhaite continuer à exercer sa passion le plus longtemps possible.

Il ne vous reste plus qu’à méditer sur la plage avant votre compétition ou à essayer le surf avant votre retraite annuelle de méditation, pour valider par votre expérience comment ces deux pratiques se complètent.

Cet article a été écrit par Petit Bambou.

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